Jeanine Guillou

Fille d’un contre-amiral de Concarneau, Jeannine tombe dans la peinture très jeune ; elle suit les cours de l’école des Arts décoratifs de Nice. En 1929, elle épouse un peintre polonais avec lequel elle a un fils.

En 1937, Guillou en voyage au Maroc rencontre Nicolas de Staël : ils ne se quitteront plus. Ils ont une fille et quittent Nice pour Paris. Le couple vit et travaille en osmose.

Les tableaux de Guillou ont trouvé leur public : dessins, paysages à l’huile et aquarelles, influencés par le cubisme, révèlent une parfaite maîtrise de la composition et des couleurs.

La peintre, très appréciée pour sa vitalité, semble habitée par un feu sacré : ses toiles flamboient. Cette femme hors-normes est encouragée par leurs amis Braque, Prévert, Raymond. Peu à peu, elle s’efface derrière le peintre qui progresse dans sa recherche picturale laborieuse.

Malgré le succès des expositions et la vente des œuvres de Guillou, durant certaines périodes la famille connaît la misère. La guerre aggrave la situation et au retour de la Drôle de guerre, de Staël retrouve sa femme malade; fragilisée, elle succombe à un avortement médicalisé. Le couple repose au cimetière de Montrouge.

Quelques œuvres

Sophie Taeuber Arp

Sophie Taeuber Arp fait ses études à l’école des Arts et métiers en Suisse, son pays natal, avant de continuer en Allemagne dans une école d’arts appliqués. La richesse de sa formation explique la multiplicité de ses talents : peinture, tissage, sculpture, design et danse.

Le Cabaret Voltaire de Zurich lui offre la possibilité de participer à la fois à la chorégraphie d’un spectacle, aux costumes et même de danser. Taueber voyage beaucoup ; en 1922, elle épouse Jean Arp, un collaborateur. Le couple travaille dans leur maison-atelier de Clamart, ce havre de paix décoré par Taueber devient un lieu de rencontres pour les artistes.

Ses compositions verticales-horizontales font d’elle une pionnière de l’abstraction ; elle se lance ensuite dans l’aventure Dada réalisant des marionnettes, des toiles à l’huile ou des peintures à la gouache, des œuvres en textile et des sculptures. Elle explorera les « compositions figuratives géométriques ».

La ville de Strasbourg commande à Taueber,  Arp et son frère la restauration et la décoration d’un bâtiment. En 1937, l’exposition des « Constructivistes » de Bâle rend sa notoriété internationale ; Taueber est la co-fondatrice d’une revue d’art contemporain internationale.

Elle décède à Zurich; la maison-atelier de Clamart a été transformée en fondation Jean Arp qui gère les œuvres du couple.

Quelques œuvres

Helena Vieira Da Silva

Helena Vieira Da Silva naît à Lisbonne, dans une famille qui favorise ses talents artistiques précoces : elle étudie le dessin et la peinture dès 11 ans, puis la sculpture à l’école des Beaux-Arts de Lisbonne.
La jeune fille poursuit ses études à Paris sous la direction de grands maîtres, comme Bourdelle et Léger. En 1930, Vieira da Silva épouse le peintre hongrois, Arpad Szepes ; le couple voyage puis émigre au Brésil durant la Seconde Guerre mondiale. Elle passera le reste de sa vie à Paris.

Son œuvre comprend une multitude de toiles, dessins et illustrations de livres. Son style fascine par l’utilisation très personnelle de l’espace et la fragmentation des sujets représentés – fragmentations éclatées ou imbriquées qui créent une sorte de mouvement – ; couleurs et lumière illuminent la plupart de ses œuvres. Ses illustrations de livres d’enfants frappent par leur originalité. Vieira da Silva acquiert une renommée internationale : les expositions se succèdent jusqu’au Grand Prix National des Arts de San Paolo, en 1961, puis la remise de la légion d’honneur en 1979. Le musée des Beaux-arts de Dijon possède une collection exceptionnelle, environ une centaine d’œuvres. L’artiste repose au cimetière de Yèvre-le-Chatel, dans le Loiret.

Quelques œuvres

Toyen

Marie Cerminova étudie l’art à Prague. De sa rencontre avec l’artiste Styrsky naît le groupe avant-gardiste tchèque Devetsil.
A Paris, ils travaillent avec les surréalistes Breton et Eluard qu’ils inviteront, en 1935, pour la création du groupe surréaliste tchèque. L’artiste adopte le pseudonyme Toyen, tiré du mot « citoyen ». L’occupation nazie contraint Toyen à la clandestinité. En 1947, elle s’installe à Paris.

Après une période artificialiste (entre abstraction et surréalisme), une brève exploration du cubisme, Toyen se consacre au surréalisme collaborant avec Breton, Eluard, Péret, Heisler. Convaincue que la sexualité épanouie est un acte révolutionnaire, elle réalise des dessins érotiques pleins d’humour et des compositions poétiques oniriques.

Durant la guerre, elle exécute trois cycles de dessins pour dénoncer l’horreur bestiale qui menace la planète dans un style précis, simple et glacial. Les liens entre nature et besoins humains avaient suscité dans son imaginaire un monde fantastique, cette guerre réunit réalité et imaginaire tant la réalité relève de l’inconcevable.

Sa notoriété est internationale : les expositions se succèdent. Le musée d’Art moderne de Saint-Etienne organise une rétrospective en 2002. Toyen repose au cimetière des Batignolles à Paris.

Quelques œuvres

Léonor Fini

Fille d’un Argentin et d’une Italienne, Leonor Fini passe son enfance à Trieste, dans la famille maternelle, un milieu très cultivé. L’enfant est très perturbée par les tentatives paternelles pour la récupérer. Autodidacte, Fini apprend en copiant les quelques maîtres qu’elle admire avant de se lancer dans la peinture.

Installée à Paris depuis 1937, elle rencontre fréquemment les surréalistes, mais n’adhère pas au mouvement afin de préserver sa liberté. Elle réalise également des costumes de théâtre et écrit. Artiste énigmatique, Fini fascine par son œuvre très personnelle, peuplée d’êtres imaginaires qui forment un monde fantastique déconcertant; d’autant plus qu’elle privilégie nettement les figures féminines.

Fini explore également des thèmes récurrents comme la métamorphose, le travestissement et l’ambiguïté. Excellente portraitiste, elle brosse les portraits de gens connus comme Genet ou Anna Magnani, et consacre une partie de son œuvre aux chats qu’elle adore, allant même jusqu’à porter un masque de félin. Une multitude d’expositions se tiennent en Europe et aux Etats-Unis, plusieurs livres lui sont consacrés. L’artiste repose au cimetière de Saint-Dyé-sur-Loire.

Quelques œuvres

Hortense Haudebourt-Lescot

La jeune Hortense Haudebourt-Lescot prend des cours de peinture avec un ami de la famille, le peintre d’histoire G. Lethière, elle quitte Paris pour le suivre en Italie où elle reste 6 ans. En 1816, elle épouse un architecte, L.-P. Haudebourt.

De 1810 à 1840, Haudebourt ne manque aucun Salon de Paris auquel elle soumet une centaine d’œuvres et reçoit une médaille dès sa première participation. Dessinatrice et peintre, elle s’attache d’abord aux scènes de genre et d’histoire avant de se consacrer aux portraits. S’étant exercée avec assiduité à peindre les habits des paysans italiens et des scènes de vie quotidienne, elle excelle à reproduire les costumes de ce début de 19ème siècle et des époques passées. Son style néoclassique fait l’unanimité : l’Etat lui passe des commandes pour le musée du château de Versailles et Haudebourt devient la peintre officielle de la duchesse de Berry.

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Adelaïde Labille-Guiard

Fille de commerçants, rien ne prédispose Adélaïde labille-Guiard à la peinture. Elle fait son apprentissage dans trois ateliers successifs : ceux de François-Elie Vincent, de Quentin de La Tour, qui la garde cinq ans, puis du fils de son premier maître.
La jeune femme se marie à deux reprises. Elle participe aux débuts de la Révolution (tableaux, dons), mais choisit de partir lorsque les événements se radicalisent. Lorsqu’elle revient, on lui accorde le logement au Louvre dont elle rêvait.
Labille-Guiard devient une portraitiste brillante : elle donne vie à des personnages dont les visages, forts expressifs, rivalisent d’intelligence et d’élégance. Elle sait parfaitement  créer la douceur et le mouvement des étoffes, rendre les dentelles aériennes et transparentes.
Son talent lui vaut de nombreux admirateurs qui commandent leur portrait –elle brosse ceux des tantes du roi-. En 1783, Labille-Guiard pénètre dans le temple masculin de l’art : l’Académie royale de peinture et de sculpture. De nombreuses œuvres ornent les murs du château de Versailles.

Quelques œuvres

Zinaida Serebriakova appartient à une famille d’écrivains et d’artistes russes. Elle bénéficie de l’enseignement de deux maîtres russes et des cours de l’académie de la Grande Chaumière, puis étudie en Italie. En 1905, elle épouse B. Serebriakova, ingénieur et écrivain ; ils ont quatre enfants. Invitée à Paris pour une peinture murale en 1924, elle décide de rester : déjà veuve, elle est désormais privée de ses enfants.

Son oeuvre pictural, très abondant, reste fidèle au réalisme, à l’écart de l’avant-garde. Observatrice consciencieuse de la nature et de l’humain, Serebryakova met son talent de coloriste au service de la paysannerie russe, puis du peuple marocain : portraits et scènes de genre, composées avec harmonie, font ressortir les traits ethniques. Elle est également admirée pour ses autoportraits, très divers, et des nus sensuels; elle consacre une partie de son travail aux danseurs et aux acteurs. Le point de vue adopté et la monumentalité de certaines toiles reflètent son goût pour la Renaissance.

L’artiste expose en France, Belgique et Angleterre; c’est en 1965-66 que l’URSS lui rend hommage avec deux prestigieuses rétrospectives. Deux fondations, russe et française, servent sa mémoire.

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Françoise Gilot

Françoise Gilot, née en 1921 à Paris, suit les traces de sa mère aquarelliste et résiste à la volonté de son père qui veut lui faire étudier le droit.
En 1943, Gilot rencontre Picasso, leur idylle dure dix ans et ils ont deux enfants ; le couple joue un rôle important sur la scène artistique de l’après-guerre avec le groupe formé par Chagall, Miro, Beauvoir… Gilot écrira un livre à succès sur cette période « Ma vie avec Picasso ».
Elle épouse ensuite un docteur américain et partage son temps entre New York et Paris. Dès sa première exposition, en 1943, Gilot rencontre le succès. Son travail subit un temps l’influence de Matisse, mais elle ne cesse d’explorer, d’expérimenter avec passion : sa longue carrière révèle une évolution continuelle, une maîtrise de la couleur plus grande et plus audacieuse, une inventivité certaine dans la composition.
Dernièrement elle s’intéresse particulièrement aux domaines de la nature, du temps et de l’espace. On peut admirer ses œuvres dans plusieurs musées français et américains. Une exposition se tient au musée du Vieux-Nîmes en 2012. Gilot reçoit le titre d’officier de la Légion d’honneur en 2009.

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Louise Breslau

D’origine allemande, Louise Breslau passe son enfance en Suisse dans une famille aisée. Souvent en convalescence pour soigner son asthme, elle se découvre des talents artistiques et prend des cours de dessin. Madeleine Zillhardt, sa compagne, sa collaboratrice et parfois son modèle, partagera sa vie pendant 40 ans.
Breslau se rend à Paris pour étudier à l’Académie Julian où elle se fait vite remarquer. Elle fréquente Degas et un cercle d’écrivains, dont Anatole France, qui l’encouragent. Elle expose au Salon et obtient un grand succès : on lui décerne des médailles, dont une d’or, et elle est décorée de la Légion d’honneur en 1901.
Breslau, qui possède son propre atelier, se consacre essentiellement aux portraits – les commandes ne manquent pas – et aux scènes d’intérieur (huile, pastel, dessin, détrempe). Ses admirateurs apprécient son style raffiné et son habileté à exprimer la psychologie des personnes; la presse loue son talent. La peintre s’éteint en 1927 à Neuilly/Seine. Le Musée d’arts graphiques de Dijon lui consacre une rétrospective en 2005-2006. Breslau repose à Baden, en Suisse.

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